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La coop de propriétaires serait-elle l'antidote à la spéculation immobilière?

Mardi, 18 mai, 2021
Michel Labrecque, Radio-Canada

Extrait(s) :

Alors que la surchauffe immobilière touche de plus en plus de villes au pays, un nouveau modèle de propriété émerge en Estrie, la coopérative de propriétaires. Un projet pilote qui devrait s’étendre à tout le Québec.

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L’Idée est née en 2017. On s’est inspiré du modèle des fiducies foncières communautaires américaines, dont une des plus importantes est située à Burlington, au Vermont, dont nous avons parlé en février 2020.

Il y a 2000 coopératives d’habitations au Canada, plus de 1300 au Québec, mais toutes fonctionnaient selon le mode locatif.

Pourquoi l’idée d’une coopérative de propriétaires? Pour donner accès à la propriété abordable et pour conserver cette abordabilité à long terme. Et aussi pour intéresser une nouvelle clientèle au modèle coopératif.

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Mais quelle est donc la différence entre être propriétaire d’un logement privé et de l'être en coopérative?

D’abord, on est usufruitier, ce qui est une définition plus restrictive de la propriété. La structure reste propriété de la coopérative. Si vous voulez modifier votre plancher, il faut consulter avant d’agir.

Mais la différence est principalement au moment de l’achat et de la revente.

« Nous construisons au prix coûtant, donc nos prix sont de 25 % sous les prix du marché privé », résume Guillaume Brien, le grand instigateur de ce projet et directeur général de la Fédération des coopératives de l’Estrie.

C’est plus abordable, mais quand on part, on touche seulement 40 % de la plus-value. Les 60 % qui restent sont majoritairement placés dans une fondation sans but lucratif pour acquérir de nouvelles propriétés.

« Le but est que ça reste toujours 25 % en bas du marché privé. C’est ça, le principe de garder l’abordabilité pérenne », ajoute Guillaume Brien.

« C’est certain qu’on récoltera moins d’argent que nos voisins [à la revente]. Mais ça s’équivaut, parce qu’on aura moins investi à l’achat. [...] Et pas besoin d’épargner pour l’entretien, c’est la coopérative qui s’en occupe. »

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Ces trois projets en Estrie vont servir de test pour leur élargissement à l’échelle du Québec. Le gouvernement fédéral, celui du Québec, le Mouvement Desjardins et le fonds d’investissement Fondaction de la CSN ont financé partiellement cette expérience pour en évaluer la pertinence.

«Pour le moment, leur évaluation est plutôt positive», dit Guillaume Brien, le maître d’œuvre de cette opération, qui ne cache pas qu’il a dû se battre pour ouvrir des portes au départ verrouillées. «D’ici un an ou deux, il y a de bonnes chances qu’on puisse créer des projets partout au Québec.»