Outrées que SNC-Lavalin ose s’adresser à la Cour suprême

Samedi, 6 juin, 2020
Amélie St-Yves, Journal de Montréal

Extrait :

Plus de 850 familles digèrent mal que SNC-Lavalin s’adresse à la Cour suprême, après avoir été trouvée coupable d’avoir autorisé la construction de leurs maisons avec du béton destiné à craquer.

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En Mauricie, plus de 2000 maisons ont été construites sur du béton contenant de la pyrrhotite, un minerai qui gonfle au contact de l’eau et qui fait craquer les fondations. Comme c’est le cas avec M. Baril, le coût des réparations dépasse généralement la valeur de la maison.

« Les victimes sont fâchées, déçues. C’est de la rage qu’elles ont. Elles ont l’impression de se faire niaiser par une compagnie qui a des milliards », affirme le président de la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite, Alain Gélinas.

Près de 4000 autres maisons construites il y a une quinzaine d’années sont à risque et n’ont toujours pas eu de test pour la présence de pyrrhotite.

SNC-Lavalin avait été condamnée initialement en juin 2014, entre autres pour avoir fourni des rapports disant que la pierre était adéquate pour la fabrication du béton, quand ce n’était pas le cas. 
 
Le jugement a été porté en appel et a de nouveau été remporté par les victimes au début de 2020.
 

La firme s’oppose maintenant au partage des responsabilités qui la tient responsable de 70 % des dommages causés aux maisons des 857 plaignants du premier mégaprocès.

Au moins deux autres procès regroupant d’autres victimes auront lieu, mais seulement quand le premier sera réglé.

Il n’est pas encore déterminé si la Cour suprême acceptera d’entendre SNC-Lavalin sur ce dossier.
 
L’avocat des victimes, Me Pierre Soucy, rappelle que même si elle accepte, ça ne veut pas dire que les victimes ne seront pas payées immédiatement. Il faudrait que la firme dépose une demande au tribunal.
 
« Si jamais ils osent présenter une demande de sursis, soyez assurés qu’elle va être contestée avec véhémence », prévient l’avocat.