Pyrrhotite: déception et incompréhension à la CAVP

Lundi, 2 mars, 2020
Brigitte Trahan, Le Nouvelliste

Extrait :

 La Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite a très mal réagi en lisant, dans les pages du Nouvelliste de samedi, les déclarations du ministre François-Philippe Champagne au sujet de l’aide financière demandée à Ottawa et à Québec pour aider les propriétaires aux prises depuis 10 ans avec la pyrrhotite. 

C’est que les déclarations du ministre démontrent qu’il ne semble pas être bien informé du dossier, estime le vice-président de la CAVP, Michel Lemay, et ce, même si une représentante de M. Champagne fait partie du comité créé en début d’année (CAVP, Québec et Ottawa) pour faire avancer le dossier.

Lorsque le ministre Champagne affirme qu’il «reste des millions $» dans le fonds, c’est vrai et c’est faux en même temps, explique M. Lemay. C’est que les 30 millions $ fournis par Ottawa, il y a trois ans (10 M$ par année), ont tous été utilisés par les victimes, précise-t-il. L’argent qui reste, soit entre 15 et 17 millions $ provient du gouvernement provincial. Or, il semble que plus personne ne puisse l’utiliser, car le prêt de 75 000 $ accordé par bâtiment à l’aide de ce fonds n’est pas suffisant pour faire faire les travaux et les propriétaires n’ont pas les moyens d’emprunter la différence, explique-t-il.

«Il faut que l’aide soit ajustée à la réalité du terrain», plaide M. Lemay. Pour mettre fin à la crise de la pyrrhotite, la CAVP demande 305 M $ des gouvernements provincial et fédéral.

La CAVP demande également une rencontre en personne avec M. Champagne depuis décembre 2018 sans y parvenir, rappelle-t-il. «Même en période électorale, nous n’avons pas été capables de le voir», déplore le vice-président. «Pourtant, il a le temps d’aller se promener dans les médias», constate-t-il. «Si notre dossier avait été une priorité, il aurait fait le détour», plaide-t-il.

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Bref, la CAVP se dit désagréablement surprise et extrêmement déçue de la position du ministre. 

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«Faut-il ressortir les pancartes et manifester devant le bureau de comté?», se questionne M. Lemay. «On croyait que notre nouveau comité servait justement à éviter ça», dit-il.