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Le chaos du prix des matériaux

Mercredi, 10 mars, 2021
Marie-Ève Fournier, La Presse

Extrait(s) :

C’est vrai que le prix des matériaux de construction a bondi dans la dernière année à cause des effets de la pandémie et de la forte demande.

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42 % des entreprises de l’industrie calcule avoir subi une hausse du prix des matériaux de plus de 20 % dans la dernière année.

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On comprend tous qu’il est difficile de composer avec de telles hausses de prix. Le directeur général de l’Association des consommateurs pour la qualité dans la construction (ACQC), Marc-André Harnois, ne fait pas exception. Mais ces dernières semaines, des appels désespérés d’acheteurs de maisons neuves l’ont laissé perplexe.

Tous ont vécu la même chose : leur entrepreneur leur a donné le choix entre payer des milliers de dollars de plus que prévu ou déchirer le contrat de vente. Tout simplement.

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Actuellement, 72 % des entrepreneurs ne prévoient pas de clauses d’ajustement de prix, si bien que certains vendraient leurs propriétés à perte.

Ce type de clause n’évitera pas les mauvaises surprises. Mais au moins, les consommateurs ne se sentiront plus pris en otages. Aussi, souhaitons que le mécanisme de vérification des prix des matériaux soit crédible et simple. Et que ce type de clause favorise aussi les clients quand le prix du 2 x 4 dégringole.

Une stratégie ?

Dans le contexte actuel de surchauffe immobilière — dans la grande région de Montréal, le prix médian des maisons a bondi de 100 000 $ en un an —, n’est-il pas tentant pour un entrepreneur de rompre ses contrats… pour ensuite revendre la maison à un meilleur prix ? se demande Marc-André Harnois. « L’entrepreneur sait que si la vente tombe, il pourra vendre [la propriété] environ 20 % plus cher, alors que s’il respecte ses obligations, il devra réduire sa marge d’environ 5 %. »

Avocat spécialisé en droit de la construction au cabinet Miller Thomson, Jasmin Lefebvre rappelle qu’il est illégal pour un entrepreneur de réclamer un surplus pour les matériaux si cela n’était pas prévu au contrat. Or, la situation est quand même très embêtante, convient le juriste. Comment forcer le respect du contrat sans dépenser une fortune en frais d’avocats, et comment faire vite pour emménager à la date prévue ?