L'arnaque sonne encore à la porte

Lundi, 29 janvier, 2018
ACQC

Extrait :

Ce début d’année marque le retour en force des arnaqueurs dans la rénovation et la construction.

Vendeurs de thermopompes, inspecteurs de moisissures et entrepreneurs sans licence, les arnaqueurs vous guettent de toutes les façons.

Une émission de télévision montre le retour des enjôleurs vendeurs de thermopompes. (Voir)(link is external)
De son côté, l’Office de la protection du consommateur met en garde les propriétaires contre les fausses inspections de moisissures. (Lire)(link is external)
Pendant ce temps, un malin entrepreneur en toiture trompe ses clients en utilisant un faux numéro de licence de la Régie du bâtiment du Québec. (Reportage)(link is external)
Ces trois cas montrent des techniques malheureusement utilisées par des arnaqueurs afin d’attraper des consommateurs dans leurs pièges.
L’ACQC ne cessera jamais de prévenir les consommateurs contre des cas flagrants d’abus de la sorte. Tentons donc ici de donner quelques conseils pour contrer ces arnaqueurs.
 
Vendeurs de thermopompes
Ne les mettons pas tous dans le même panier. Mais les vendeurs malhonnêtes utilisent souvent les affirmations ou les techniques suivantes :

  • Un appel téléphonique ou un rendez-vous non sollicité pour vous offrir des économies d’électricité incroyables
  • L’achat d’une thermopompe ne coûte rien car les économies permettent de rembourser la dépense par elle-même
  • Un cadeau est offert à la signature du contrat
  • Le « spécial » se termine bientôt : il faut signer la même journée
  • Un financement accordé sans étude de crédit
  • Un programme de subvention permet de rembourser l’investissement

Le tout premier conseil est de se méfier des offres trop belles pour sembler vraies. Résistez à la pression de signer trop rapidement. Les vrais rabais peuvent toujours revenir plus tard dans le temps. Demandez à réfléchir et exigez d’obtenir une adresse et un téléphone pour recontacter le vendeur plus tard. Et si vous avez signé mais que vous voulez changer d’avis, vous avez dix jours pour annuler le contrat. Assurez-vous que le vendeur vous a remis le formulaire d’annulation OBLIGATOIRE à l’endos de votre contrat de vente itinérante.
D’un autre côté, Il est toujours bon de demander des soumissions à au moins trois entreprises. Vous n’obtiendrez pas seulement des prix différents, mais des offres différentes. Vous serez alors mieux équipé pour juger de la première offre qu’on vous a faite. De plus vous aurez le temps de faire des vérifications minimales :
1- à la RBQ pour le numéro de licence de la bonne catégorie de travaux
2- À l’OPC pour le nombre de plaintes
3- auprès de références que l’entrepreneur vous aura fournies
N’oubliez pas, une thermopompe ne possède pas que des qualités. Son rendement éconergétique diminue au fur et à mesure que la température s’abaisse. Les économies d’énergie peuvent même être annulées en été en mode de climatisation. Il faut aussi compter sur des dépenses d’entretien, et l’appareil ne dure généralement jamais plus de 15 ans.
 
Inspecteurs de moisissures
C’est un phénomène plus récent que l’on a vu apparaître dans plusieurs régions du Québec. L’Office de la protection du consommateur (OPC) affirme que le nombre de plaintes dans le domaine de la rénovation domiciliaire est le troisième total le plus élevé parmi toutes les plaintes qu’elle reçoit des consommateurs. Ceci parce que des arnaqueurs profitent de la méconnaissance et de la crédulité de certains propriétaires.
C’est le cas particulier de certains faux inspecteurs qui s’invitent et offrent gratuitement une inspection du grenier et des combles pour détecter la présence de moisissures. En prétextant l’urgence d’agir contre l’impact néfaste sur la santé des occupants, on propose des travaux de décontamination très coûteux. Dans certains cas ce fut plus de 10 000$ en quelques heures de travail seulement. Afin d’éviter que les consommateurs ne se prémunissent de la période de dix jours pour annuler le contrat, les travaux sont réalisés très rapidement.
Il faut cependant savoir que ce délai ne court qu’à partir du moment où le client reçoit sa copie du contrat. De plus si le commerçant ne possède pas de permis, ou si le contrat n’est pas conforme aux règles de l’OPC, ce délai peut être prolongé jusqu’à une année.
Comme dans le cas des thermopompes, des précautions de base s’imposent aussi. Comme celle de ne rien signer précipitamment. Demandez à réfléchir et refusez toute pression de la part du représentant.
En cas de doute, faites faire des évaluations par d’autres firmes ayant pignon sur rue. Les moisissures, malgré leur aspect rebutant ne sont pas toutes dangereuses pour la santé. On en retrouve en pleine nature dans les forêts, et on en mange dans les fromages et les yogourts. On ne doit cependant pas minimiser les effets néfastes sur la santé de certaines personnes plus sensibles. En cas de doute à propos de votre santé, consultez un médecin qui diagnostiquera s’il y a un problème relié à des moisissures.
Mais d’abord et avant tout, il faut éliminer la source d’humidité qui les nourrit. On réussira la plupart du temps à les éliminer en empêchant les infiltrations, les dégouttements, et les taux d’humidité trop élevés.
Les charlatans qui vendent des services de décontamination sans s’attaquer à la source du problème n’ont que votre argent en tête et absolument aucune intention de protéger votre santé.
 
Fausses licences
Une série de reportages à Global News a mis en lumière que les consommateurs sont les premiers gardiens de leur argent.
Voici l’histoire. Un entrepreneur en toiture de l’ouest de l’île de Montréal fait des travaux et montre patte blanche en produisant un numéro de licence de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ). Les consommateurs lésés par cet entrepreneur lui ont fait confiance et ont cru que le numéro de licence en question était valide.
Après les travaux, le toit coule et l’entrepreneur avoue qu’il ne peut rien faire car il est en faillite. Normalement on peut se tourner vers la RBQ pour obtenir la caution versée par l’entrepreneur et prévue pour de tels cas. Mais voilà que le numéro est faux. Dans les cas d’entreprises non-enregistrées, la RBQ n’offre aucun dédommagement.
Pour mieux comprendre ce cas, il est intéressant de voir et de lire les deux reportages de Global News à ce sujet.
Reportage du 18 janvier 2018(link is external)
Reportage du 22 janvier 2018(link is external)
Madame Albanie Morin, présidente de l’ACQC, y présente que malheureusement les consommateurs doivent être leurs propres chiens de garde et de ne pas se fier à ce que les entrepreneurs disent. Vérifiez par vous-même que les numéros de licence sont toujours valides. Vous pouvez le faire sur le site Internet de la RBQ ou leur téléphonant. En particulier, prêtez attention aux dates de validité. Si votre chantier se produit même si ce n’est qu’un seul jour après son expiration, vous risquez de ne pouvoir obtenir de protection de la RBQ.
Les compressions budgétaires des dernières années ont amené à réduire le nombre d’inspecteurs de la RBQ afin de vérifier les entrepreneurs sur le terrain. Si une vérification démontre que l’entrepreneur ne possède pas de licence valide ou pas les bonnes spécialisations, il ne faut pas hésiter à porter plainte à la RBQ.
 
En conclusion
Ne signez rien précipitamment
Vérifiez les entreprises auprès de la RBQ et de l’OPC
Les contrats de vente itinérante peuvent être annulés dans les dix jours.
Faites vos devoirs. Demandez des références et vérifiez-les.